Braine-le-Comte : Site Officiel

Une ville fortifiée

Bois de la Houssière - sableLa présence précoce de ces importantes communautés religieuses place d'abord les nobles et autres seigneurs laïcs au second plan. Ainsi s'explique la rareté et la relative discrétion des traces de demeures fortifiées sur le sol de l'entité (ferme de l'Hosté à Steenkerque, tour de Bourbecq à Braine-le-Comte, Castia à Henripont, une tour au Plouy, peut-être un donjon sur motte à Salmonsart).

Dans ce domaine, la grande exception viendra des comtes de Hainaut. Profitant de leur influence auprès des chanoinesses de Sainte-Waudru à Mons, ils s'installent solidement sur le site de Braine-la-Wilote en 1150. Aussitôt, ils y font construire une fort donjon, une cour fortifiée (où sera l'église) et un moulin alimenté par un vaste vivier, fruit d'un solide barrage. Braine-le-Comte devient ainsi un bastion du comté de Hainaut en terre brabançonne. Avec le temps, la ville du comte sera le pion qui fera basculer une partie importante de l'échiquier territorial du Brabant vers le Hainaut. 

1150 marque également le moment où le paysage se fixe.

L'église Saint-Martin de Steenkerque vient de révéler un impressionnant chœur roman qui pourrait avoir été mis en place entre 1125 et 1150. La modeste sacristie d'Hennuyères est couverte d'une intéressante voûte romane à croisée d'arêtes.

Rien ne remettra désormais fondamentalement en question la carte des principales concentrations humaines dans l'entité. Et cela même si Ronquières bénéficie certes de la création du canal (Bruxelles-Charleroi) mis en service en 1832 et Hennuyères de la mise en place d'une Tuilerie industrielle en 1879. À la limite du territoire d'Ittre, Fauquez connaîtra du fait de la marbrite un développement étonnant dans les premières décennies du 20e siècle. Les grandes fermes se mettent également en place autour des 12e et 13e siècles. Dans son site classé, Salmonsart, à la limite de Soignies, en est un des plus remarquables exemples. 

Eglise Saint Martin de SteenkerqueC'est que, dans cette région, on vivra d'abord d'agriculture. Les censiers produisent le grain destiné à l'alimentation des artisans de la ville et des villages. Les moulins livrent l'huile et la farine. Celui de Ronquières (vers 1600) est l'un des plus anciens de la province. D'autres s'égrènent le long de la Brainette (Plouy, Petit-Roeulx) ou de la Senne (spécialement le Pont-Tordoir). Les jachères et terres en friche liées à la rotation des cultures (assolement triennal) permettent l'élevage du mouton. Les ouvriers du secteur textile sont donc nombreux et, très tôt, Braine possédera son marché de toiles. Les travailleurs du cuir sont également présents tout comme les bûcherons (ou "bosquillons"), charbonniers, charpentiers et autres artisans du bois. En ville, on brasse la bière (encore au 19e siècle, brasserie Deflandre à la rue Édouard Étienne) et on vend le vin. Le sable du bois de la Houssière est exploité de manière assez systématique dès 1400. Des carrières de schiste se creusent partout de Ronquières à Hennuyères et de Braine (les murs de l'enceinte urbaine) à Steenkerque (église Saint-Martin). Très tôt, il faut faire venir la bonne pierre de taille d'Écaussinnes. Cette dernière contribue à la beauté et à la pérennité des constructions anciennes (couvent des Dominicains, églises, hôtel de ville de Braine-le-Comte …). 

En choisissant en 1150 le site de Braine-la-Wilote, un village comme les autres, Baudouin IV en fait une ville. Une première forme d'urbanisation est en route avant 1200 (le Neuf-Bourg, entre le château et le marché). La date de la création de l'enceinte urbaine est inconnue (avant 1300 ?). Des murs et des tours subsistent, notamment à la ruelle Larcée. Les levées de terre et les fossés, puis les murailles de schiste protègent une petite ville. Mais … "elle a tout d'une grande" : un marché hebdomadaire, une halle, une grange aux dîmes, un béguinage, un moulin, des brasseries  et des étuves (bains publics), une vaste église paroissiale et un hôpital (Saint-Nicolas), une école primaire puis une école secondaire (Dominicains en 1612). Sans oublier le "castiel" des comtes de Hainaut. Elle aura même son pèlerinage à saint Christophe (statue géante dans l'église Saint-Géry) et ses guérisons miraculeuses autour des années 1610-1620. Jusqu'à la fin de l'ancien régime, la ville sera le chef-lieu d'une châtellenie comptant plus d'une dizaine de villages sur les confins du Brabant. Comme toute ville fortifiée qui se respecte, la ville sera assiégée et prise une fois (1425) et "surprise" une autre fois (1583). 

Mais le monde change.

Et les vieilles murailles du moyen âge s'écroulent bientôt d'ennui et d'inutilité. Tout au plus servent-elles à se protéger des rôdeurs et à mettre quelques biens en (relative) sécurité quand trop de troupes passent dans la région (comme c'est si souvent le cas au 17e siècle). Peut-être y entend-on le bruit du canon ce triste et pluvieux dimanche d'août 1692 lorsque le Maréchal de Luxembourg, à la tête des régiments de Louis XIV, se fait (presque) surprendre par Guillaume III, roi d'Angleterre (en personne) et les troupes alliées sur les hauteurs de Steenkerque.

Texte de Gérard Bavay, le 1er et le 10 mars 2007.

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